Éditions de l'Apprentissage

Boyer, C. (1992). Le système scolaire québécois ou la cour des miracles. La Tribune, 28 février.

« ... L'école a l'habitude d'être publiquement interpellée. Je pense que le processus doit être inversée. L'école doit interpeller publiquement les autres institutions en leur rappelant que c'est notre contribution et leur contribution qui assurent le développement intégral harmonieux des enfants. Notre contribution sans leur contribution est un habidicap majeur à ce développement. »

Boyer, C. (1990). Le système scolaire québécois ou la cour des miracles. Le Devoir, 7 septembre.

« ... À notre connaissance, aucune commission scolaire au Québec ne peut, à l'heure actuelle, répondre objectivement et clairement à des questions fondamentales qui devraient pourtant aiguillonner leur actions. Combien d'élèves en difficultés d'apprentissage sont-ils définitivement récupérés par les types de services orthopédagogiques offerts au primaire ? Est-ce que l'application des programmes d'études de la cuvée des années '80 a influencé le niveau de développement des habiletés intellectuelle des élèves ? Est-ce que la performance des élèves en rédaction et en compréhension en lecture s'améliore constamment d'un degré à l'autre ? ... »

Trente ans plus tard, le système scolaire québécois (et ontarien) est toujours aussi peu rigoureux, et ce, à tous les niveaux. Le système scolaire s'active, « innove » et pérore sur les finalités, des concepts abscons et des approches pédagogiques souvent sans fondement...

Textes politiques et philosophiques

Boyer, C.,  Bissonnette, S., Gauthier, C., Saint-Pierre, M., Giroux, N. et Potvin, P. (2020). Un programme du préscolaire qui s’inspire de la

recherche scientifique. Le Devoir, 25 novembre.


« ... Selon l’Institut de la statistique (2017), dans l’ensemble du Québec, 27,7 % des élèves du préscolaire sont à risque dans un des cinq domaines de développement évalués ; 14 % des élèves du primaire au Québec seraient officiellement en difficulté d’apprentissage en 2016-2017 et il est probable que ces données soient en deçà de la réalité (Boyer et Bissonnette, 2021) ... »

«... Le  ministère de l’Éducation du Québec a rédigé un nouveau programme au préscolaire qui tient compte des données probantes de la recherche scientifique en pédagogie et des données statistiques mentionnées précédemment. Ce programme intègre l’enseignement explicite du nom et du bruit des lettres ainsi que de la conscience phonologique (habiletés phonologiques), entre autres parce ces éléments sont cruciaux dans l’éclosion ultérieure de la lecture ...»

« ... Contrairement à ce que certains professent, nous savons depuis plusieurs années, par la recherche scientifique en pédagogie, en anthropologie linguistique et par la recherche en neurologie, que l’apprentissage de la lecture n’est pas du tout comparable à l’apprentissage du langage oral. Le langage oral existe chez les humains depuis au moins 150 000 à 350 000 ans (et sans doute encore plus en ce qui concerne le protolangage) tandis que les premières formes d’écriture apparaissent il y a 6000 ans environ... »


Boyer, C. (2021). La pédagogie n'a jamais atteint la modernité…  Chapitre 14 dans Identité, « race », Liberté d'expression -- Perspectives critiques sur certains débats qui fracturent la gauche - Sous la direction de Rachad Antonius et Normand Baillargeon.  Québec : Presses de l'Université Laval


« (...) Van der Maren et son équipe (2019) considèrent que l’éducation, ce qui inclut la pédagogie, est sortie de la modernité au milieu du 20e siècle pour entrer dans le postmodernisme. Nous avons une vision différente et plus radicale : la pédagogie n’a jamais réellement été dans la modernité, n’a jamais été imbibée des Lumières ; la pédagogie vivote dans la bouillie de la prémodernité donc du pré-scientifique et du postmodernisme depuis toujours et avec l’appui d’un bon nombre de professeurs des facultés d’éducation. Si la pédagogie avait atteint le stade de la modernité au cours du 20e siècle, il nous semble qu’on l’aurait vu. On aurait vu des ministères de l’Éducation et l’ensemble des organismes scolaires prendre de nombreuses décisions sur la base des données probantes de l’époque. Les formations universitaires auraient également offert l’essentiel de leurs cours basé sur les données probantes disponibles. Cela n’a jamais été le cas, ni en 1950, ni en 1960, ni en 1970 et ni en 1980 (...) »

« (...) Entre 1950 et 1980, la pédagogie n’a jamais atteint le stade de la modernité, même si des approches pédagogiques qui y sont compatibles sont apparues à cette époque, mais généralement en bordure du territoire. Cette période n’est définitivement pas caractérisée par le modernisme, mais par un mélange de prémodernité et de postmodernisme, avant l’heure de gloire de ce dernier courant philosophique, qui commence au 21e siècle. Et après 1990 jusqu’à aujourd’hui, qu’en est-il ? Blanc bonnet, bonnet blanc (...) »

«  (...) Le monde scolaire doit impérativement sortir de l’ornière du constructivisme et du postmodernisme qui restreignent le recours à la méthodologie scientifique, aux données probantes et qui n’appuient pas d’emblée une gestion rationnelle axée sur les résultats. Pour l’instant, il est difficile de croire que cette révolution proviendra du monde des facultés universitaires et des ministères de l’Éducation trop absorbés devant leur miroir aux alouettes, à ne pas jouer leur rôle respectif (...) »


Boyer, C., Bissonnette, S., Morneau-Guérin, F. (2022). Bref historique de l’étiolement du Collège des médecins du Québec… L'Action nationale, octobre-novembre.


Incorporé en 1847 sous le nom du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada, le Collège des médecins du Québec (CMQ) célèbre cette année ses 175 ans d’existence. L’un de ses rôles, et celui pour lequel il est sans doute le plus connu dans la société, consiste à protéger le public contre les pratiques médicales qui ne respectent pas les normes rigoureuses reconnues et contre le charlatanisme. À ce rôle s’en ajoutent d’autres, et notamment celui de veiller à la qualité des programmes de formation médicale des universités, à l’accréditation des programmes et des milieux de formation médicale postdoctorale et à la certification des médecins.


Il appert qu’au fil des ans, le CMQ a abdiqué une part non négligeable de ses responsabilités en transférant celles-ci notamment au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC), pour ce qui est de la formation dans les spécialités autres que la médecine familiale. Cela s’est fait pour diverses raisons.